Le cartonnage tient le CAP dans un contexte incertain
Pendant les Rencontres du Cartonnage, l'institut Xerfi a présenté les chiffres économiques de la profession qui, globalement, résiste assez bien et s'adapte aux mutations environnementales.
Focus News

- Par Martine DELEFOSSE
À l’occasion des 12e Rencontres du Cartonnage, CAP a réuni une centaine de professionnels de la filière à Paris pour une belle journée conviviale et riche en informations. Comme d'habitude, l'institut Xerfi, en la personne de Jeremy Robiolle, a ouvert les discussions avec l’actualisation de son étude sur la situation économique et financière des entreprises du secteur sur la période 2021-2025.
Après le net rebond de 2022, porté par l’inflation des papiers-cartons, l’activité dans le cartonnage a marqué le pas puis s’est contractée en 2024, signe d’une demande plus fragile. En 2025, le chiffre d’affaires du cartonnage ondulé a progressé de 1% à 1776 M d'euros, porté par la hausse tarifaire et le dynamisme de certains débouchés comme la pharma ou les colis pour le e-commerce. À l’inverse, le chiffre d’affaires du cartonnage pliant a reculé de 2% à 1940 M d'euros, pénalisé par la demande morose dans les alcools (vins-spiritueux) et les produits de beauté.
Dans le cartonnage pliant, les plus grandes structures surperforment notamment car elles bénéficient d’une meilleure capacité de négociation avec leurs clients, ce qui leur permet de faire passer quelques hausses de prix. Certaines petites entreprises très orientées vers le haut de gamme ont aussi pu pâtir de la morosité du marché premium en 2025. Xerfi estime que les entreprises du cartonnage de plus de 50 salariés ont vu leur chiffre d'affaires progresser de 13% tandis que celles de moins de 50 salariés ont enregistré une baisse de 3%.
Comme pour le pliant, les entreprises de cartonnage ondulé de plus grande taille (qui comptent souvent bien plus que 50 salariés) affichent une meilleure résistance et même un net rebond de leur activité en 2025 avec un chiffre d'affaires qui enregistre + 5%. Leur portefeuille client étant plus diversifié, elles ont pu compenser les baisses de commandes de certains secteurs par d’autres débouchés plus dynamiques (notamment l’e-commerce). Mais les petites entreprises de moins de 50 personnes ont perdu 5% de leur chiffre d'affaires.
Les effectifs des industries du cartonnage s’inscrivent globalement en baisse à 8780 salariés, sous l’effet de la rationalisation des capacités, de l’automatisation et de la contraction du tissu industriel. Les effectifs diminuent plus modérément dans le cartonnage ondulé, dont l’activité a été plus résiliente (6290 salariés).
Les matières premières absorbent entre 40% et 60% du chiffre d’affaires, avec un pic en 2022 lié à l’inflation des cours du papier en sortie de crise sanitaire. Les fabricants ont globalement maîtrisé ce poste depuis 2023 grâce à une accalmie sur les cours de la pâte à papier vierge et des papiers-cartons recyclés. En 2026, ce poste risque de s’alourdir à nouveau compte tenu du retour probable à la hausse des coûts des matières premières, dans le sillage du déclenchement de la guerre en Iran.
Le ratio masse salariale / chiffre d’affaires avait progressé entre 2022 et 2024 en raison des revalorisations au niveau du SMIC tandis que l’activité était morose. En 2025, les entreprises de cartonnage sont parvenues à contenir la hausse de leurs frais de personnel grâce à une automatisation accrue et à une réduction des effectifs. A l'arrivée, la rentabilité opérationnelle reste solide dans les deux segments. Alors que le taux d’EBE du cartonnage était inférieur à la moyenne de l’industrie en 2021, les performances des fabricants de cartonnages sont sensiblement proches du secteur manufacturier depuis 2022 voire supérieures dans le cas de l’ondulé.
Pour 2026, les premières tendances affichent un manque de robustesse de la demande et des prix difficiles à relever. Dans le cartonnage pliant, le C.A. pourrait s'afficher à -3% pour un tonnage en baisse également de 3%. Dans le carton ondulé, le C.A. serait à +1% pour un tonnage en baisse de 1%.
En conclusion, dans le carton plat, l'activité est en recul mais les marges sont encore solides et dans le carton ondulé, secteur le plus résilient, la rentabilité reste préservée.
